La Suède suit sa propre voie face au coronavirus : la couronne se redresse

28 avril 2020

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Les terrasses sont pleines et tout le monde peut aller chez le coiffeur. Aux Pays-Bas, il faudra attendre encore un certain temps avant que ce soit à nouveau le cas, mais en Suède, la vie n’a quasiment pas changé depuis le début de l’épidémie de coronavirus. Le redressement de la couronne suédoise témoigne de la confiance des marchés des devises vis-à-vis de cette stratégie.

Nous devons continuer à faire preuve de patience. C’était le message du Premier ministre néerlandais Mark Rutte, qui a déclaré mardi que la plupart des mesures étaient prolongées jusqu’au 20 mai. Bonne nouvelle pour les parents qui travaillent : les enfants pourront retourner à l’école à temps partiel après les vacances de mai. Au Danemark, les écoles et les crèches ont déjà rouvert, tandis que de nombreux magasins sont toujours fermés en Allemagne. Chaque pays choisit sa propre voie. Pour l’instant, la Suède a l’approche la plus singulière. Alors que plus de la moitié de la population européenne est confinée, les Suédois profitent du soleil printanier sur des terrasses bondées.

Règles strictes ou confiance ?

Plutôt que d’imposer des règles strictes, le Premier ministre suédois Stefan Löfven est convaincu que ses compatriotes ont la discipline nécessaire pour garder une distance de sécurité les uns par rapport aux autres. Cette approche suscite des réactions très variées. Les pays voisins, comme le Danemark, pensent que le pays va droit à la catastrophe. Quant aux Suédois, ils sont très satisfaits de cette stratégie : la popularité de Löfven est montée en flèche ces dernières semaines. Mais que disent les chiffres ? Au cours des derniers mois, le coronavirus a coûté la vie à près de 2 000 Suédois. Il est vrai que c’est plus que dans des pays comme la Norvège et le Danemark, mais le virus fait nettement moins de victimes en Suède qu’en Italie, en Espagne ou Royaume-Uni, par exemple.

60 milliards d’euros de dégâts pour les Pays-Bas

Si l’approche suédoise fonctionne, les dégâts économiques seront beaucoup moins importants que dans le reste de l’Europe. Par exemple, le Fonds monétaire international (FMI) prévoit que l’économie néerlandaise se contractera de 7,5 % en 2020, ce qui représente un recul de 60 milliards d’euros. Ce chiffre serait encore plus élevé si l’économie néerlandaise avait connu une légère croissance cette année, ce qui était attendu avant l’épidémie de coronavirus. Et la Suède ? L’épidémiologiste en chef Anders Tegnell prédit que le pays parviendra à l’immunité collective d’ici quelques semaines. Dans ce cas, le scénario de base du gouvernement est que l’économie devrait se contracter de 4 % par rapport à 2019, mais que les dégâts devraient rapidement être réparés par la suite. Pour que cela se produise, il faudra que l’approche de la Suède face au coronavirus soit vraiment aussi efficace que les chiffres récents le suggèrent.

Le bénéfice du doute

Les marchés des devises accordent de plus en plus le bénéfice du doute à la Suède. À la mi-mars, la couronne a chuté de plus de 5 % par rapport à l’euro en deux semaines, atteignant son niveau le plus bas depuis plus de dix ans. Lorsque l’incertitude augmente, les investisseurs ont tendance à privilégier les devises sûres comme le dollar, l’euro ou le yen. Au cours du mois dernier, la couronne s’est redressée de 2 %. Si le nombre d’infections au coronavirus n’augmente pas soudainement, l’économie suédoise et la couronne pourraient être l’un des grands gagnants du second semestre.

Joost Derks est spécialiste des devises chez iBanFirst. Il a plus de vingt ans d’expérience dans ce domaine. Cet article reflète son opinion et ne constitue en aucun cas un conseil professionnel en matière d’investissement.

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