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Stratégies de couverture efficaces : contrer le risque de change

31 mai 2022

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Les taux de change fluctuent quotidiennement en fonction de l’offre et de la demande ; il en va de même de l’exposition au risque de change d’une entreprise internationale. Les fluctuations des devises constituent un risque majeur lié au commerce extérieur. Le risque de change, ou risque devise, désigne les pertes qu’une transaction financière internationale peut subir en raison des fluctuations de change ; le risque découle d’une variation de la valorisation relative d’une devise par rapport à une autre. Les variations peuvent avoir un effet négatif sur le rendement global d’un investissement et entraîner des pertes pour une entreprise. International par nature, le secteur du voyage est très exposé aux fluctuations de change, par exemple.

 

 

I. Lutter contre le risque de change

Pour les entreprises exportant des biens et services à l’international ou bien s’approvisionnant à l’étranger, les fluctuations de change doivent être prises en compte sérieusement. Les petites et moyennes entreprises, en particulier, sont vulnérables à ce risque de change. Bien que la plupart des PME considèrent le risque de change comme l’un des défis majeurs dans le cadre d’activités internationales, très peu d’entre elles ont mis en place des systèmes de gestion des risques pour surveiller et atténuer leur exposition au risque de change. Toutefois, il existe une gamme de solutions pour se protéger contre la volatilité des marchés de change.

Compte tenu de la diversité des événements internationaux ébranlant le monde et affectant profondément le commerce international, depuis le Brexit et les élections américaines mouvementées jusqu’à la pandémie de coronavirus, en passant par la guerre en Ukraine et l’inflation, la plupart des entreprises sont bien conscientes de la nécessité de se prémunir contre un large éventail de risques. Pourtant, peu d’entre elles sont suffisamment équipées pour faire face au risque de change évitable. Selon une enquête Nordea menée en 2020 auprès de PME des pays nordiques, le manque de temps et le savoir-faire insuffisant étaient les deux principaux facteurs empêchant de nombreuses PME de gérer leur risque de change.

 

II. Types de risque de change

Les fluctuations de change peuvent avoir un impact sur les flux de trésorerie d’une entreprise à différents niveaux. De nombreux facteurs contribuent à déterminer la façon dont les taux de change peuvent affecter les flux de trésorerie d’une entreprise. Cela commence par le fait de savoir où et comment les fluctuations de change impactent les flux de trésorerie d’une entreprise. 

i. Risque du portefeuille

Également appelé risque de conversion, le risque du portefeuille se manifeste inévitablement lorsqu’une entreprise exerce des activités à l’étranger et qu’elle doit, dans le cadre de son reporting, convertir les états financiers d’une filiale dans la devise du pays d’origine de sa maison mère. Ce type de risque de change survient si une entreprise publie un état financier consolidé pour la comptabilité intragroupe de ses filiales et établissements. Bien qu’en soi le risque du portefeuille soit rarement à l’origine de difficultés financières pour une entreprise, il peut avoir des répercussions négatives graves, entraînant par exemple de mauvaises performances trimestrielles et une baisse du cours de l’action de l’entreprise.

iii. Risque économique (ou opérationnel)

Ce type de risque à long terme désigne les situations dans lesquelles la valeur de marché d’une entreprise et/ou ses flux de trésorerie futurs sont affectés par l’exposition aux fluctuations de change. Également appelé risque prévisionnel ou exposition opérationnelle, ce type de risque survient lorsqu’un concurrent étranger vendant au même client que l’entreprise a un taux de change plus favorable. En conséquence, l’entreprise perdrait de la valeur sans qu’il y ait faute de sa part.

iiii. Risque de transaction

Ce risque est souvent le risque de change le plus visible auquel une entreprise est confrontée. C’est aussi le risque le plus facile à mesurer et à gérer. Ce type de risque découle du décalage entre le moment où l’entreprise conclut un contrat et le moment où elle reçoit un paiement, lequel est souvent effectué dans un délai pouvant aller jusqu’à 120 jours. Pendant cette période entre la vente et la réception des fonds, la fluctuation de la valeur d’une devise peut exposer une entreprise à des risques. Ces types de risque de change affectent généralement les flux de trésorerie prévisibles à court terme, les rendant facilement déterminables et gérables.

Les entreprises opérant à l’international sont particulièrement exposées à cette catégorie de risques de change. Et bien que tous ces risques ne puissent et ne doivent pas être gérés, faciliter la planification et améliorer la gestion des performances et les fins de l’impôt sont autant de raisons valables d’examiner la gestion du risque de change. Toutefois, les risques pouvant être gérés, tels que les risques de transaction, peuvent largement bénéficier des stratégies de couverture.

 

III. Gérer les risques de change via la couverture

Si le risque de change est une réalité inévitable pour les entreprises négociant sur les marchés internationaux, la couverture peut contribuer à atténuer le risque. La couverture est une stratégie visant à limiter les risques des actifs financiers en adoptant une position opposée sur un actif lié. Il importe de garder à l’esprit que les stratégies de couverture ne visent pas à générer des profits mais plutôt à réduire ou, au mieux, à éliminer les pertes et le risque d’incertitude. Afin de réduire le risque et de contrôler son résultat, la couverture fonctionne comme une assurance. Le moyen le plus courant de couvrir le risque de change est l’utilisation de stratégies de couverture reposant sur des instruments financiers.

 

IV. Stratégies de couverture

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La couverture de change vise à réduire et à limiter l’exposition aux fluctuations du marché des changes, y compris les fluctuations liées aux taux de change, aux taux d’intérêt et aux autres variations inattendues du marché des changes. Les deux méthodes les plus courantes de couverture du risque de change sont les contrats à terme et les options de change. Les contrats à terme et les options de change sont une forme de produits dérivés, à savoir des produits dérivés de gré à gré (OTC) ; en d’autres termes, ils ne sont pas négociés sur des marchés centralisés mais plutôt en privé, entre deux entreprises.

En matière de couverture, les termes « positions courtes » et « positions longues » apparaissent fréquemment et il est important de comprendre ce à quoi ils font référence. Une position longue désigne l’achat d’une devise contre une autre et vise à réaliser un profit en fonction de l’anticipation d’une hausse du cours. Une position courte désigne quant à elle la vente d’une devise contre une autre et vise à protéger le vendeur en bloquant le prix de vente. Cela implique de réaliser un profit lorsque le cours baisse.

i. Contrats à terme

Les contrats à terme, ou contrats de change à terme, sont des accords par lesquels une entreprise accepte d’acheter ou de vendre un montant spécifique d’une devise future à une date ultérieure donnée. Cette solution permet à l’entreprise de se protéger contre les fluctuations qui pourraient survenir jusqu’à cette date spécifique. Plus précisément, les contrats à terme peuvent prendre la forme de contrats à terme flexibles ainsi que de contrats à terme dynamiques.

iii. Options

Comme les contrats à terme, les options de change sont une forme de produits dérivés. Toutefois, leur différence réside dans le fait qu’elles donnent aux entreprises le droit mais pas l’obligation d’acheter ou de vendre une paire de devises à un prix spécifique à une date ultérieure donnée. Il s’agit d’options dites d’achat et de vente.

Alors qu’une option d’achat donne au détenteur le droit d’acheter une paire de devises, une option de vente donne au détenteur le droit de vendre une paire de devises. On désigne souvent ces options appelées options d’achat ou de vente traditionnelles par le terme « vanille ». Elles prennent la forme d’options de vente ou d’options d’achat longues ou courtes et ont tendance à être utilisées dans le cadre de stratégies de couverture à court terme. Elles présentent l’avantage d’être flexibles, protégeant les détenteurs contre un repli inattendu du marché et leur permettant de conserver des possibilités de profit.

En revanche, une option SPOT, ou option de négociation d’options de paiement unique, est plus flexible car elle permet au détenteur de choisir le dividende et de fixer certaines conditions de marché pour recevoir ce dividende. Ces conditions s’accompagnent d’un coût d’achat appelé « prime ». Si les conditions sont remplies, le détenteur perçoit un bénéfice. Dans le cas contraire, le détenteur doit renoncer à la prime. Les options SPOT, également appelées « options binaires », comportent un risque de perte, ce qui explique pourquoi la plupart des courtiers de change ne vendent pas de tels contrats sans protection substantielle.

Sur le marché des options, il est possible de calculer la sensibilité au risque d’un type particulier d’opérations en mesurant la relation entre l’option et une variable quantifiable. Plusieurs lettres grecques, communément appelées « Greeks », sont utilisées pour représenter ces variables. Chaque variable se voit attribuer un chiffre donnant aux traders plus d’informations sur le degré de risque lié à l’option. Ces chiffres ne sont pas figés et peuvent librement évoluer dans le temps en fonction de la situation de l’option concernée. De nombreuses variables peuvent être utilisées pour évaluer les paramètres de risque ; néanmoins, les principales utilisées sur le marché des options sont les suivantes :

  • Delta - Elle représente le taux de variation entre le prix de l’option et une variation de 1 € du prix de l’actif sous-jacent.
  • Gamma. Il s’agit du taux de variation entre le delta d’une option et le cours de l’actif sous-jacent.
  • Vega. Elle mesure le taux de variation de l’option en ce qui concerne les taux d’intérêt.
  • Theta. Elle fait référence à la sensibilité temporelle et représente le taux de variation du prix de l’option dans le temps.
  • Rho. Il s’agit du taux de variation de la volatilité implicite de l’actif sous-jacent

V. Trouver la bonne stratégie de couverture

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Pour les entreprises actives dans le commerce international et exposées aux fluctuations de change dans le cadre de leurs activités quotidiennes, l’adoption de stratégies de couverture de change peut contribuer à gérer et à atténuer la volatilité des changes, et à réduire l’incertitude sur les résultats. Même si l’exploration des possibilités de mise en œuvre de ces stratégies devrait jouer un rôle essentiel dans la solution de gestion des risques d’une entreprise, comprendre quelles sont les stratégies de couverture les plus efficaces pour une entreprise donnée peut s’avérer difficile. Chez iBanFirst, nos experts connaissent toutes les solutions de couverture pour les entreprises internationales et sont là pour vous aider à utiliser les fluctuations de change de sorte que votre entreprise en bénéficie. Contactez-nous pour savoir comment les stratégies de couverture peuvent aider votre entreprise à résister à la volatilité des changes.


 

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