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Paiements internationaux : tout ce que vous devez savoir

13 févr. 2021

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Les paiements internationaux sont une préoccupation constante pour toute entreprise ayant des clients, fournisseurs ou filiales à l’étranger. Découvrons ensemble les facteurs dont il faut tenir compte lors du transfert de fonds à l’étranger, du mode de paiement choisi aux solutions disponibles pour accélérer le processus et le rendre moins cher et plus transparent. Nous étudierons également quel type d’institution financière a l’avantage dans ce domaine : les banques ou les fintechs ?


Pour toutes les entreprises exerçant leurs activités à l’international, les paiements transfrontaliers constituent un enjeu de taille. Les directeurs financiers, les trésoriers et les services Comptabilité doivent identifier les prestataires de services et les types de paiements les plus adaptés à leur activité professionnelle et à leur environnement commercial. Qu’il s’agisse de la lenteur du processus de paiement et du manque visibilité ou de l’opacité des taux et des frais, les embûches associées aux paiements internationaux ne manquent pas.

Les banques traditionnelles ont récemment fait l’objet d’une surveillance accrue et perdu la confiance à la fois des régulateurs et du public à la suite de la crise financière de 2008. Depuis, les budgets alloués par les institutions financières traditionnelles à la mise en conformité ont explosé tandis que leurs efforts en matière de recherche et développement (R&D) sont restés à la traîne par rapport à ceux des fintechs. Cela s’explique notamment par une législation favorable et l’intérêt du marché pour de meilleurs services et une concurrence accrue.

Là où les services de paiement transfrontalier proposés par les banques manquent de rapidité, de transparence et de traçabilité, les nouveaux prestataires de services de paiement (PSP), tels que les PSIP et les PSIC créés par les directives européennes DSP1 et DSP2, ont cherché à innover. Visant directement les entreprises et les particuliers, ils offrent une alternative aux acteurs traditionnels du secteur. Cependant, la concurrence récente toujours plus grande pour des parts de marché nous amène à nous interroger sur les services et modes de paiement internationaux dont disposent réellement les PME et ETI ? Quels sont les acteurs du marché les mieux placés dans l’ensemble ?

 
5 moyens de faire des paiements internationaux

Lorsqu’elles transfèrent des fonds à un partenaire à l’étranger, les entreprises, qu’elles soient importatrices ou exportatrices, clientes ou fournisseuses, doivent choisir le moyen de paiement le plus adapté. Ces différents modes de paiement sont également appelés « opérations documentaires » et chacune présente des caractéristiques bien distinctes. Les plus courantes sont les virements bancaires, les chèques, les effets simples, le crédit documentaire et le prélèvement automatique SEPA (SDD, pour SEPA Direct Debit en anglais).

1. Virements bancaires

Il s’agit là purement et simplement d’un transfert de fonds du compte bancaire du débiteur vers celui du créancier. Lorsqu’un importateur paie un fournisseur par virement bancaire, il a la possibilité d’effectuer un paiement anticipé, qui consiste à payer les marchandises avant leur réception. Le risque ici est que les marchandises ne soient finalement pas expédiées ou livrées comme prévu.

En revanche, lorsqu’un fournisseur expédie des marchandises avant la réception du paiement, on parle de commerce à compte ouvert. Dans ce cas précis, c’est l’exportateur qui assume le risque de ne pas être payé. Les virements bancaires sont souples, rapides et universels, mais impliquent une relation de confiance entre les deux parties puisque le débiteur doit initier le paiement.

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2. Prélèvement automatique

Un prélèvement automatique permet aux créanciers de recouvrer immédiatement les sommes dues au titre de factures ponctuelles ou récurrentes. Avec l’accord préalable du débiteur, les frais et les factures sont payés automatiquement. Bien que ce mode de paiement soit particulièrement pratique, les entreprises doivent rester vigilantes et veiller à connaître toutes les sommes prélevées et leur motif.

En Europe, ces prélèvements reposent sur l’intervention de quatre parties : le débiteur, le créancier et leurs banques respectives. Deux systèmes distincts coexistent : le prélèvement automatique SEPA de base et le prélèvement automatique SEPA B2B.

Le prélèvement automatique de base permet de recouvrer des créances auprès de débiteurs privés et d’entreprises. L’acceptation du prélèvement de base (SDD) est obligatoire pour les banques de la zone SEPA.

Le prélèvement automatique B2B (SDD B2B) ne peut lui être utilisé que pour les débiteurs qui sont des personnes morales. Bien qu’irrévocable, il exige que le débiteur prévienne sa banque.

3. Chèques

Moins courants de nos jours, les chèques sont un mandat donné par le tireur, ou l’initiateur de la transaction (dans ce cas, le débiteur), qui donne instruction au tiré (sa banque) de payer la somme en question à un bénéficiaire spécifique. À réception du chèque, le bénéficiaire l’encaisse par l’intermédiaire de sa banque, ce qui permet au tireur de s’acquitter de sa dette. Bien que peu coûteux, les chèques sont peu pratiques et lents. Le débiteur initie la transaction et peut, à son gré, procéder, à une contre-passation de paiement, les bénéficiaires disposent alors de peu de protections réglementaires.

4. Crédit documentaire

En utilisant un crédit documentaire, la banque d’un débiteur s’engage à payer la somme due au créancier concerné. Ce dernier doit alors présenter toute une série de documents justifiant la transaction. Le crédit documentaire peut être soit révocable, soit irrévocable, sous réserve de l’accord de toutes les parties. Seul mode de paiement associant un mode de paiement et une garantie, il peut contrebalancer un manque de confiance inhérent à toute nouvelle relation client-fournisseur.

5. Effets simples

Dans ce cas de figure, le bénéficiaire est à l’origine de la transaction, ce qui lui offre un meilleur contrôle sur le déroulement de la procédure. Les effets simples sont divisés en deux instruments négociables distincts :

  • La lettre de change qui est un document émis par le tireur (dans ce cas, le créancier ou le bénéficiaire) ordonnant au tiré (le débiteur) de verser la somme due à une date précise.
  • Le billet à ordre qui est un document émis par le débiteur, en vertu duquel il s’engage à verser au créancier la somme due à une date précise.

Le bénéficiaire soumet alors les deux documents à sa banque qui procède à l’encaissement. Les effets simples sont cependant relativement peu connus dans de nombreux pays et ne garantissent pas toujours le paiement final.

 
Qui supporte les coûts supplémentaires ?

Lorsqu’une entreprise initie un paiement international, elle a le choix entre trois options de facturation. Elle peut soit prendre en charge elle-même tous les frais éventuels, soit les facturer au bénéficiaire, soit les partager équitablement avec l’autre partie. Mais comment cela fonctionne-t-il exactement ? Et est-ce toujours possible ?

Un paiement international est généralement traité par plusieurs banques. Celles du débiteur et du créancier, ainsi que des banques intermédiaires. Par exemple, pour transférer des fonds en dollars vers la Chine, le paiement doit être effectué par une banque américaine, en collaboration avec la banque centrale américaine. Cela génère des coûts que l’émetteur du paiement peut soit prendre à sa charge, soit partager avec le bénéficiaire, soit lui facturer. Étudions ça de plus près :

1. « Ben » (BEN)

Les frais de transaction sont facturés au créancier, ou au bénéficiaire, en déduction du montant payé. Environ 10 % des transactions sur le marché sont effectuées de cette manière.

2. « Share » (SHA)

Pour chaque transaction, les coûts sont partagés entre le bénéficiaire et l’émetteur du paiement. Les frais facturés par la banque émettrice sont à la charge du débiteur, alors que les frais des banques de l’intermédiaire et du créancier sont déduits du montant transféré, et sont donc à la charge du bénéficiaire. Cela représente environ 60 % des transactions sur le marché.

3. « Our » (OUR)

Le débiteur choisit de prendre à sa charge tous les frais. Cela garantit donc que le bénéficiaire recevra le paiement dans son intégralité, sans frais ni déduction. Cela représente environ 30 % des transactions sur le marché.

Au sein de l’Espace économique européen (à savoir si les banques émettrices et bénéficiaires y sont toutes les deux établies), la loi exige que l’option « Share » soit utilisée pour tout paiement dans une monnaie officielle de l’EEE. Un transfert « BEN » ou « OUR » ne peut donc pas être effectué. Cela dit, même en dehors de l’EEE, l’option « Share » est la plus répandue.

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Banques ou fintechs, qui a l’avantage ?

Dans le domaine des paiements internationaux, les fintechs représentent une option de plus en plus intéressante pour les entreprises. Moins pénalisées par les obstacles à l’innovation, le management en silos dépassé et les coûts hérités du passé, elles s’efforcent d’offrir à leurs clients les dernières évolutions en matière de technologie financière, tout en améliorant la rapidité, la valeur ajoutée, la transparence et l’expérience utilisateur. Mais en quoi constituent-elles une meilleure option en matière de paiements ?

En 2012, environ 3 milliards de dollars étaient investis dans des start-up de la fintech à l’échelle mondiale. En 2019, ce chiffre a dépassé les 69 milliards de dollars. Reflet de leur part de marché et de leur influence grandissantes, les acteurs traditionnels de la banque et des paiements acquièrent de plus en plus de fintechs afin de soutenir leurs efforts en matière d’innovation. Toutefois, malgré les ressources apparemment illimitées dont elles disposent, pourquoi les grandes banques multinationales n’innovent-elles pas elles-mêmes ? Comment les fintechs ont-elles pu se faire une telle place sur un marché jusqu’alors impénétrable ? Les raisons sont multiples, mais examinons quelques exemples intéressants.

1. Une législation propice à la concurrence

En 2015, l’Union européenne a révisé sa directive sur les services de paiement en promulguant la DSP2, ouvrant ainsi encore davantage le marché aux PSIC (prestataires de services d’information sur les comptes) et aux PSIP (prestataires de services d’initiation de paiement). Alors que de nombreuses dispositions sur les services de paiement devaient entrer en vigueur le 14 septembre 2019, certaines d’entre elles ont été reportées, notamment celles portant sur l’open banking et l’authentification forte du client, SCA en anglais. Toutefois, malgré ces revers, les fintechs occupent une place de plus en plus importante dans l’écosystème des paiements créé par la directive. Elles offrent souvent un service similaire à celui des banques traditionnelles, mais avec une rapidité accrue, de meilleurs taux et une plus grande transparence.

2. Questions culturelles

Les acteurs traditionnels du secteur bancaire s’appuient sur des structures de gestion obsolètes caractérisées par des départements particulièrement compartimentés, un minimum d’innovation et des coûts considérables hérités du passé. En ce qui concerne la banque pour les entreprises et la banque de détail, le secteur est traditionnellement stable, ce qui empêche toute évolution. Les nouveaux PSP s’enorgueillissent précisément du contraire, bouleversant le paysage des paiements qui existait jusque-là grâce à des fonctionnalités et des caractéristiques adaptées aux besoins actuels des entreprises.

3. Orientation client

Plutôt que de répondre à tous les besoins des entreprises ou des particuliers, les fintechs identifient des domaines spécifiques dans lesquels les services peuvent être optimisés grâce à des plateformes modernes et intuitives. Dans des domaines tels que les paiements internationaux ou multidevises, elles se concentrent sur des initiatives technologiques ciblées afin de proposer un produit plus adapté et plus satisfaisant. Les banques ne parviennent pas à répondre aux besoins de leurs clients de la même manière, notamment pour des raisons budgétaires. Afin d’atténuer l’atteinte portée à leur réputation par la crise financière de 2008, les banques ont réalisé d’importants investissements pour renforcer la sécurité et lutter contre les pratiques abusives, ce qui a souvent entraîné une explosion des budgets conformité, au détriment des activités de R&D. En effet, en 2018, les banques américaines n’ont consacré que 5 % des revenus nets générés par leurs activités bancaires à leurs initiatives dites « de renouvellement ».

Ces trois facteurs, pour ne citer qu’eux, font que les banques offrent souvent des produits et services lents, obsolètes ou inadaptés par rapport aux fintechs, leurs concurrentes plus adeptes du numérique. Selon les chiffres publiés dans le « Global FinTech Survey 2016 » de PwC, qui a analysé les réponses de 544 professionnels du secteur financier de premier plan, seuls 53 % des participants du secteur bancaire se sont qualifiés de « orientés client », alors que ce chiffre dépassait 80 % au sein des fintechs. Si les institutions traditionnelles admettent volontiers que le client n’est pas au cœur de leurs préoccupations, que peuvent ainsi espérer les entreprises à la recherche des meilleures solutions de paiement ?

 

Les entreprises exerçant leurs activités à l’international sont parfaitement conscientes des coûts et des défis que représentent les paiements internationaux. Taux et frais opaques, lenteur des transactions, transparence minimale du paiement, la liste est longue. La nécessité d’atténuer ces contraintes et de limiter l’érosion des marges est prépondérante et cela rend le choix du mode de paiement, de la procédure de facturation et du prestataire de services tout simplement crucial.

Que ce soit un virement bancaire ou un prélèvement automatique, les entreprises doivent évaluer les différents modes de paiement à leur disposition en fonction de leur rapidité, de leur facilité d’utilisation et de leur coût, tout en tenant compte des relations entretenues avec leurs partenaires. Il en va de même pour la facturation. Il est important d’étudier la proportion des frais payés par chaque partie, tout en veillant à bénéficier de la solution la plus favorable. Par-dessus tout se pose la question du prestataire de services. Institutions financières traditionnelles ou fintechs, les entreprises doivent chercher le prestataire le plus adapté à leurs paiements internationaux, leurs transactions multidevises ou autres. La capacité unique des fintechs à répondre aux problématiques et besoins spécifiques des entreprises en fait souvent un choix intéressant.

Le marché des services de paiement n’a jamais été aussi ouvert. Grâce aux évolutions législatives et aux innovations technologiques, les PME et ETI bénéficient désormais d’un large éventail de possibilités. Libérées des contraintes liées au monopole des banques et de leur offre unique, les entreprises peuvent choisir les services les plus adaptés à leurs préoccupations quotidiennes en matière de paiement. Il leur suffit de définir leurs priorités et d'identifier les prestataires de services les plus adaptés à leur activité.

 

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