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Les monnaies des pays du G7 et pourquoi elles sont si importantes

5 mars 2022

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Vous avez entendu parler du G7, mais vous ne savez pas quel est le lien entre le forum et  lesavec vraiment comment il se rapporte à la question des devises ? Prenez cinq minutes pour lire tout ce qui concerne le forum mondial le plus influent et son impact sur les devises les plus négociées sur le marché des changes..


Les monnaies des pays du G7 ("G7" venant tout simplement de "groupe des sept") sont les monnaies des économies les plus importantes du monde et comprennent cinq des monnaies les plus échangées et les plus liquides sur le marché des changes. Ces monnaies sont le dollar américain (USD), l'euro (EUR), le yen japonais (JPY), la livre sterling (GBP) et le dollar canadien (CAD).

Le G7 est un forum réunissant les pays les plus influents et les plus industrialisés du monde. Fondé dans le but de partager des initiatives macroéconomiques, le forum a une influence internationale considérable et se trouve au centre des grandes initiatives mondiales. Initialement, le G7 a été formé en 1975 sous le nom de G6 à l'initiative des chefs d'État allemand et français de l'époque, à la suite de l'effondrement du système de Bretton-Woods, de la crise énergétique des années 1970 et de la récession mondiale qui en a résulté. Le dernier pays à rejoindre le forum a été le Canada et le groupe a décidé de continuer à se réunir annuellement depuis lors. Les pays qui forment le G7 sont le Canada, la France, l'Allemagne, l'Italie, le Japon, le Royaume-Uni et les États-Unis et leurs cinq monnaies correspondantes : le dollar canadien (CAD), l'euro (EUR), le yen japonais (JPY), la livre sterling (GBP) et le dollar américain (USD).

Selon le Fonds monétaire international (FMI), chacune des cinq monnaies appartenant aux pays du G7 est une monnaie de réserve, ou "monnaie d'ancrage", détenue par les banques centrales du monde entier. Étant donné que la combinaison de ces pays représente 40 % du PIB mondial, il est important pour toute personne concernée par le commerce international et le marché des changes de suivre de près l'évolution de l'économie des pays du G7, et plus particulièrement de leurs cinq monnaies respectives.

Mais qu’est-ce qui rend ces devises spéciales ? Pourquoi leur accordons-nous une telle importance ?

 

Qu’est-ce qui fait la force des devises du G7 ?

Les pays ou zones monétaires ayant une devise particulièrement liquide partagent habituellement un certain nombre de caractéristiques :

  • Un poids économique important
  • Une croissance soutenue
  • Un système financier et bancaire robuste
  • Une stabilité politique certaine

Pour mieux comprendre la prépondérance de leurs monnaies, examinons les de plus près.

 

1. Le dollar américain (USD)

À la question "Quelle est la monnaie la plus importante au monde ?", il n'y a qu'une seule réponse évidente : le dollar américain. En conséquence, il est considéré de loin comme la plus importante monnaie de réserve du monde.

Selon le FMI, plus de 60 % des réserves mondiales en devises étrangères sont libellées en dollars américains. 40 % de la dette mondiale est libellée en dollars également.

Mais en a-t-il toujours été ainsi ?

L’importance du dollar au 20e siècle

Entre les années 40 et les années 70, le dollar américain constituait l’étalon autour duquel le cours des principales devises mondiales fluctuait. Les Accords de Bretton Woods de 1944 ont réaffirmé la prépondérance du dollar comme devise de référence, du fait de sa convertibilité en or.

Conformément au régime de change fixe dérivant de ces accords, 44 pays ont établi un taux de change fixe autour du dollar, avec une certaine marge de fluctuation autorisée.

Cependant, les tumultes économiques des années 70 ont obligé les États-Unis à dévaluer leur monnaie et la convertibilité du dollar en or n’était plus justifiée. Le régime de taux de change flottant (ou flexible) s’est alors généralisé.

Qu’en est-il du dollar aujourd’hui ?

Le statut du dollar au 21e siècle

Aujourd’hui, les devises mondiales évoluent librement selon les mouvements du marché et ne sont plus reliées au dollar.

Cependant, le dollar reste la monnaie la plus importante du monde, ce qui est dû en partie à l'importance de l'économie américaine au niveau international et à la domination des marchés financiers américains.

Malgré un déficit budgétaire considérable et une dette extérieure importante, le monde financier et bancaire croit en la capacité des États-Unis à régler leurs créances. Ceci fait du dollar la devise la plus échangeable sur le marché des changes et une valeur refuge pour les acteurs de ce marché.

La banque centrale des États-Unis, la Federal Reserve (Fed), mène la politique monétaire du pays.

Le saviez-vous ? 
Le dollar est aussi la monnaie de référence du marché mondial des produits de base, en raison de sa stabilité comme instrument d’échange. Lorsque la valeur du dollar baisse, le coût des produits de base est plus élevé en dollars et moins élevé en devises étrangères. Les produits de base deviennent donc moins chers quand le dollar est faible et plus chers, quand le dollar est fort.

2. L'euro (EUR)

Introduite en 1999, la monnaie unique est entrée en circulation dans 12 premiers pays européens à partir de 2002. Les pays qui ont adopté l'euro font partie d'une zone monétaire communément appelée zone euro. Si l'euro a depuis été adopté par 19 pays européens au total, l'Europe centrale compte encore des pays qui utilisent encore leur propre monnaie.

L’euro est la deuxième devise la plus échangée sur le marché des changes après le dollar, mais son existence est très récente.

Brève histoire de l’euro

Une ambition de longue date de la Communauté économique européenne (CEE), l’union monétaire a enfin commencé à prendre de l’ampleur au sommet de Bruxelles en 1978. Le système monétaire européen (SME) et le mécanisme de taux de change (ERM) ont alors été mis en place. Ce dernier prévoyait des taux de change fixes, mais ajustables, appliqués à l’ensemble des devises nationales du bloc. Dès 1985, au lancement du programme du marché unique, le projet d’harmonisation s’est accéléré.

Après la signature du traité de Maastricht en 1992, le processus d’Union économique et monétaire (UEM) s’est enclenché :

  • 1991-1993 
    Autorisation progressive de la libre circulation des capitaux.
  • 1993-1998
    Convergence graduelle des politiques économiques des pays du bloc.
  • 1999-2002
    Mise en place de strictes règles budgétaires et élaboration d’une politique monétaire commune.

Depuis la mise en circulation de l’euro en 2002, la Banque centrale européenne (BCE) est responsable de son émission. Seule banque centrale au monde responsable de la politique monétaire de plusieurs pays, la BCE est une institution unique. Elle est garante de la valeur de l’euro comme devise et de la stabilité des prix en zone euro.

Mais l’euro, est-il une valeur refuge ?

L’euro 20 ans après

Selon le FMI, l’euro représente à peu près 20 % des réserves mondiales en devises étrangères.

Si la monnaie unique, contrairement au dollar américain, n’est pas encore considérée comme une valeur refuge, elle en présente de nombreuses caractéristiques :

  • La dette de l’ensemble des pays de la zone euro s’élevait à 78 % du PIB de la région en 2019, un chiffre plus faible qu’aux États-Unis ou au Japon.
  • La zone euro a tendance à maintenir un excédent de sa balance courante.
  • 33 % des paiements internationaux dans le monde impliquent l’euro.

Cependant, des conditions politiques parfois perçues comme instables font que l’euro n’est pas considéré comme une valeur refuge. En temps de crise, elles ne rassurent pas les acteurs du marché.

Les divergences politiques et les défaillances structurelles de certains membres de cette zone monétaire suscitent parfois des craintes quant à la force et à la stabilité de la monnaie.

Un rapprochement politique des pays membres pourrait consolider l’euro et l’élever au rang de valeur refuge, mais ceci est loin d’être acquis, car les modèles économiques présents à travers le bloc divergent considérablement.

Le saviez-vous ? 
Au sommet européen de La Haye en 1968, le projet d’union monétaire au sein de la CEE a déjà été abordé, mais ces discussions n’ont pas abouti. Les crises économiques des années 70, caractérisées par des dévaluations en série et la fin du régime de change fixe, ont rendu impossible le projet d’une monnaie commune.

3. Le yen japonais (JPY)

Le yen est la troisième devise la plus négociée sur le marché des changes.Bien que cela puisse surprendre si l'on n'est pas familier avec tout ce qui touche au forex, le yen est considéré comme une valeur refuge au même titre que le dollar.

Bien que le pays soit aux prises avec un certain nombre de difficultés économiques depuis les années 1990, le Japon est resté la troisième économie mondiale en termes de PIB en 2019, et reste l'un des plus grands exportateurs au monde.

Mais pourquoi sa monnaie bénéficie-t-elle d’un statut privilégié ?

Le yen, monnaie jeune en pays âgé

Si le Japon est connu pour sa population vieillissante, la devise du pays est relativement jeune, en circulation depuis 1871 seulement.

Avant cette période, le Japon ne disposait pas d’une monnaie unique pour l’ensemble du territoire. Impulsée par le gouvernement de l’empereur Meiji, la mise en circulation d’une devise nationale s’inscrivait dans un rapide processus d’industrialisation du pays au 19e siècle.

L’absence d’un système bancaire comparable à celui des pays occidentaux limitait la puissance économique du Japon sur le plan international. La Banque du Japon (BoJ) a donc été fondée en 1882 pour mener la politique monétaire du pays.

Mais pourquoi une telle importance pour le yen aujourd’hui ?

Le yen à l’époque moderne

Si le Japon bénéficie d’un poids économique considérable et d’une stabilité politique certaine, son économie ne s’est pas montrée spécialement dynamique depuis les années 90.

Depuis l’éclatement de la bulle immobilière et la crise financière qui en a résulté, le pays est marqué par :

  • Une faible croissance (dépassant rarement les 2 %).
  • Un problème de déflation récurrent.
  • Une dette publique très élevée (la plus importante au monde relatif au PIB).

Ceci ne semble pourtant pas inquiéter les acteurs du marché des changes et le yen retient son statut de valeur refuge.

La perception favorable dont le yen bénéficie est notamment due à deux facteurs de taille :

  • Les importants excédents commerciaux du Japon, pays spécialisé dans de nombreux exports de haute technicité, dont les voitures et les nouvelles technologies.
  • Le Japon est la troisième économie mondiale en matière de PIB, derrière les États-Unis et la Chine.

Preuve de sa force, la monnaie japonaise a tendance à voir sa valeur s’apprécier en période d’incertitude. Ce phénomène a notamment été constaté en 2010 lorsque la crise de la zone euro a provoqué une augmentation de 10 % de sa valeur face à l’euro. Par ailleurs, en juillet 2020, lorsque le dollar poursuivait sa baisse en raison d’inquiétudes concernant la gestion américaine de la crise de la covid-19, ainsi que les tensions persistantes entre Washington et Pékin, la valeur du yen est montée considérablement.

Le saviez-vous ? 
Le Japon est le pays développé affichant le taux de natalité le plus faible au monde, avec un taux de fécondité de 1,4 en 2019. Au rythme actuel, le pourcentage de la population ayant plus de 65 ans passera de 26 % aujourd’hui à 45 % en 2050. Le rétrécissement de l’assiette fiscale et l’explosion des coûts liés à l’aide sociale qui en résulteront pourraient s’avérer très graves pour l’économie japonaise.

4. La livre sterling (GBP)

Quatrième devise la plus échangée sur le marché des changes et troisième réserve monétaire la plus détenue au monde, la livre sterling se classe parmi les devises les plus importantes sur le marché des changes. Son rôle important sur la scène mondiale est en partie dû au statut de plaque tournante des échanges financiers de la capitale et à sa longue histoire de leadership mondial.

Bien que le Royaume-Uni n'ait pas adopté l'euro et ait choisi de conserver sa propre monnaie, des parallèles peuvent être établis entre les deux monnaies :

  • L'Union européenne est le principal partenaire commercial du Royaume-Uni.
  • La livre et l'euro fluctuent l'un par rapport à l'autre et ont tendance à rester dans une fourchette étroite.
  • Le référendum sur le Brexit a récemment été un facteur clé influençant la volatilité de la monnaie et sa valeur par rapport aux autres devises principales.

La livre sterling est populaire parmi les cambistes pour plusieurs raisons. Les principaux secteurs contribuant à l'économie britannique sont les industries aérospatiale, pharmaceutique et automobile, ainsi que le secteur des services. L'industrie des services financiers, en particulier, joue un rôle majeur : elle représente la plus grande industrie exportatrice du pays, le plus grand secteur contributif et l'un des plus grands employeurs du pays. En outre, Londres compte parmi les centres commerciaux les plus importants et les plus actifs du monde ; un facteur qui contribue au montant élevé des échanges dans cette monnaie. Cependant, depuis le Brexit, l'importance de la livre dans les exportations britanniques a diminué au profit du dollar, ce qui a eu un impact direct sur la compétitivité des exportateurs britanniques.

Le saviez-vous ?
Les pièces sont dotées du profil du monarque au pouvoir. La direction du visage du monarque alterne avec chaque monarque successif, une tradition qui a débuté au XVIIe siècle. L'abdication d'Édouard VIII est la seule fois où le schéma a été rompu. Les pièces frappées lorsqu'il est monté sur le trône présentaient son profil gauche, car il pensait que son côté gauche était meilleur que son côté droit. Cependant, elles n'ont pas été mises en circulation avant son abdication, moins d'un an après son accession au trône. Son frère George VI décida de faire également figurer son profil gauche sur les pièces lorsqu'il prit le pouvoir, comme si les pièces de son prédécesseur étaient orientées vers la droite, comme elles auraient dû l'être selon la tradition.

 

5. Le dollar canadien (CAD)

L'économie du Canada dépend fortement de ses exportations de produits de base, en particulier l'énergie et les ressources naturelles telles que le bois, le pétrole et le gaz. Par conséquent, sa monnaie est considérée comme une monnaie basée sur les matières premières. Bien qu'elles aient tendance à être plus répandues dans les pays en développement, le Canada et d'autres pays plus développés comme la Norvège font exception.

ne étude réalisée en 2009 a démontré que les taux de change des monnaies liées aux matières premières peuvent aider à prédire les prix futurs de ces dernières.
Le fait d'avoir une monnaie liée aux matières premières a des effets positifs et négatifs :

  • La demande pour les produits de base d'un pays renforce naturellement la valeur de la monnaie nationale et contribue également à augmenter le PIB du pays. Les exportations liées à la forte demande extérieure entraînent toutefois une hausse des prix et un risque d'inflation subséquent.
  • Inversement, une baisse de la demande peut entraîner une déflation et une diminution du PIB du pays.
En raison de sa proximité avec les États-Unis, la monnaie canadienne est également fortement influencée par la monnaie de son voisin, et la dépendance du pays à l'égard de l'état de l'économie américaine est importante.

Le saviez-vous ?
Le Canada et sa monnaie basée sur les matières premières sont particulièrement vulnérables au syndrome hollandais. Qu'est-ce que le syndrome hollandais (aussi appelé syndrome néerlandais) ? Inventé dans les années 1970 pour décrire la chute du secteur manufacturier néerlandais au détriment de la découverte d'un gisement de gaz, ce terme décrit la relation de cause à effet entre l'augmentation des revenus d'un secteur donné et son impact négatif sur les autres secteurs de la nation. Lorsqu'un secteur se développe et génère de la demande, la valeur de la monnaie augmente, ce qui a pour effet de rendre les autres exportations du pays plus chères et moins compétitives. Le lien étroit de la monnaie canadienne avec les produits de base la rend particulièrement vulnérable au syndrome hollandais.

 

L'importance d'une monnaie sur le marché des changes dépend de nombreux facteurs, allant de la force économique d'un pays ou d'une zone monétaire à sa stabilité politique. Au-delà de ces facteurs, il existe également un certain nombre d'indicateurs économiques au sein d'un pays qui contribuent à déterminer l'importance d'une devise sur le marché des changes.

L’économie américaine est la plus puissante au monde et le dollar, de loin la monnaie de réserve la plus importante à l’international, est considéré comme une valeur refuge. L’euro est la deuxième devise la plus échangée dans le monde et il totalise 20 % des réserves mondiales en devises. Malgré sa puissance économique certaine et un excédent régulier de sa balance courante, la zone euro est parfois affaiblie par des incertitudes politiques, et les défaillances de certains pays membres inquiètent en période de crise. Bien qu'elle ne soit pas considérée comme une monnaie refuge, elle est en train de devenir un concurrent de poids. La monnaie nationale de la troisième économie mondiale, le yen, est soutenue par les impressionnants excédents commerciaux du Japon et sa valeur tend à s'apprécier en temps de crise, ce qui lui confère le statut de monnaie refuge.

Si ces devises sont les plus importantes et les plus échangées sur le marché des changes, le monde du forex évolue constamment. Des monnaies autrefois ignorées, notamment en Asie, commencent à monter en puissance et à attirer le regard des acteurs du marché des devises. Pour mieux les cerner, lisez notre article dédié aux devises émergentes en Asie.

 

 

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