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L'internationalisation du renminbi : La Chine en route vers une devise mondiale ?

3 mai 2021

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Afin de réduire sa dépendance à l'égard du dollar américain (USD) et d'affirmer son influence sur le commerce et la finance, la Chine a déployé des efforts considérables pour accroître l'utilisation internationale de sa monnaie, le renminbi (RMB). Nous passons en revue les mesures prises afin de renforcer sa position à l’international, ainsi que les obstacles qui se dressent encore devant Pékin.

 

Bien que la Chine soit le premier pays exportateur du monde, et la deuxième économie mondiale en matière de PIB, sa monnaie ne revêt pas encore une importance mondiale. On ne peut pas en dire autant du dollar américain, qui est impliqué dans plus de 88 % des opérations de change mondiales et reste, de loin, la première monnaie de réserve du monde.

Décrite par l’ancien président français Valéry Giscard d’Estaing comme un « privilège exorbitant », la domination du dollar américain en tant que monnaie de réserve et de commerce mondial signifie que les États-Unis bénéficient d’une multitude d’avantages, allant de coûts d’emprunt plus faibles et d’un risque de change réduit à une menace de crise de la balance des paiements pratiquement nulle. En menant des politiques visant à promouvoir le renminbi en tant que monnaie mondiale pour le commerce, les investissements et les réserves de change, la Chine entend bénéficier de certains de ces avantages, tout en augmentant son autonomie en matière de politique économique.

Mais la route vers l’internationalisation est longue, en particulier pour une monnaie et une économie aussi fortement réglementées que celles de la Chine. Avec des contrôles stricts des flux de capitaux transfrontaliers et une réglementation onéreuse, le pays a encore du chemin à parcourir avant de réaliser ses ambitions de disposer d’une véritable devise mondiale. Ayant lancé de multiples initiatives à ces fins, il convient de poser la question : quel a été le succès de ces dernières ?

 
Pourquoi la Chine veut-elle internationaliser le RMB ?

L’internationalisation du renminbi offrirait des avantages évidents à la Chine, tant d’un point de vue politique qu’économique. Bien que ce projet soit envisagé depuis un certain temps, les efforts se sont intensifiés depuis la crise financière de 2008, qui a mis en évidence la dépendance de nombreux pays à l’égard du dollar. Depuis lors, les tentatives de Pékin d’internationaliser le renminbi ont augmenté de manière significative. Mais qu’est-ce qui est au cœur de cette poussée d’internationalisation ?

Le piège du dollar

En dépit de l’ampleur des échanges commerciaux en tant que première nation exportatrice du monde, le renminbi chinois ne représente encore que 2 % des paiements mondiaux, est impliqué dans environ 4 % des opérations de change internationales et constitue environ 2 % des réserves de devises étrangères dans le monde. En revanche, le dollar américain détient 40 % des paiements mondiaux, 61 % des réserves officielles de change et participe à plus de 88 % des opérations de change. Dans un système monétaire international (SMI) fortement asymétrique, le dollar reste de loin la devise mondiale dominante en matière d’investissement, de facturation et de réserves.

Cela a conduit à un phénomène connu sous le nom de « piège du dollar », par lequel les pays se retrouvent dépendants de l’obtention d’un taux de change favorable par rapport au dollar, les banques centrales gérant ainsi la politique monétaire en fonction des diktats de la Fed. À ce jour, la Chine maintient une parité « rampante » avec la monnaie américaine et, si une grande partie de ses engagements et de ses réserves de change sont libellés en USD, ses actifs sont principalement libellés en RMB. La dépréciation du dollar peut donc avoir un impact négatif important sur la Chine. Cela est devenu très clair lorsque l’offre de dollars a diminué après la crise financière de 2008, suivi du « resserrement du crédit », qui s’est accompagné d’une dépréciation du dollar en raison des politiques de rachat d’actifs.

En 2009, Zhou Xiaochuan, alors gouverneur de la Banque populaire de Chine, a remis en question le SMI en vigueur, lançant une pique indirecte à la domination du dollar et au rôle du FMI pour garantir la stabilité et la croissance à long terme. Citant la nécessité d’une « monnaie de réserve internationale » pour « garantir la stabilité financière mondiale », M. Xiaochuan a fait allusion à une idée fortement défendue par Pékin : l’utilisation d’une monnaie de réserve mondiale super-souveraine, dissociée « des conditions économiques et (des) intérêts souverains de chaque pays ». En théorie, cette monnaie de réserve constituerait un panier des principales devises du monde, chacune étant pondérée par la part du PIB du pays ou zone monétaire concerné. Cela reste néanmoins une chimère pour le moment. La Chine a donc dû chercher d’autres moyens d’atteindre ses objectifs en garantissant une plus grande utilisation du renminbi à l’échelle internationale, un processus qui s’est notamment accéléré avec le lancement du renminbi offshore (CNH).

Étendre l’influence de Pékin

Commentant la montée des tensions géopolitiques depuis l’éclatement de la pandémie de Covid-19 en 2020, le secrétaire général de l’OTAN, Jens Stoltenberg, a fait remarquer que l’ascension de la Chine créait un changement fondamental dans « l’équilibre mondial des forces, intensifiant la course à la suprématie économique et technologique ». En effet, au cours des trente dernières années, ce n’est un secret pour personne que l’ascension fulgurante de la Chine en tant que puissance économique, militaire et technologique a été tout simplement stupéfiante. Après avoir développé des capacités de production illimitées et considérablement accéléré sa modernisation militaire et ses innovations technologiques, Pékin considère la relative insignifiance monétaire du pays comme une faille majeure dans son armure.

Au-delà de l’extension de l’influence politique du pays, une plus grande prédominance du renminbi offrirait à la Chine l’avantage de réduire les coûts du commerce transfrontalier et de diminuer considérablement le risque de change, ce qui n’est certainement pas négligeable compte tenu du volume considérable de marchandises mondiales qui transitent par la Chine, mais qui sont facturées en USD. La capacité d’accumuler un plus grand seigneuriage (revenus de l’émission de monnaie) et d’emprunter de grandes quantités à l’étranger, à la fois à bon marché et dans sa propre monnaie, serait également d’un grand intérêt stratégique pour le pays. Cela dit, les contrôles des capitaux, la convertibilité limitée du RMB et un secteur financier pas encore mature restent des obstacles majeurs sur la voie de l’internationalisation. Cela soulève inévitablement la question de savoir jusqu’où Pékin est prêt à aller.

Le saviez-vous ? 
Utilisée comme mécanisme de maintien de la stabilité, une « parité rampante » fait référence à une bande de taux autour de laquelle une monnaie à taux de change fixe est autorisée à fluctuer. La monnaie est régulièrement achetée et vendue afin de maintenir un taux dans la fourchette donnée.
 
Comment la Chine poursuit-elle l’internationalisation du RMB ?

Afin d’établir le renminbi comme une monnaie internationale majeure pour l’investissement, la facturation et les réserves de change, la Chine a entrepris une série d’initiatives impressionnantes depuis une dizaine d’années, avec plus ou moins de succès.

Dans le cadre du 13e plan quinquennal du pays, adopté par l’Assemblée nationale populaire pour 2016-2020, le Comité permanent du Politburo de la Chine a explicitement fait part de ses ambitions en matière de monnaie en s’engageant à « promouvoir régulièrement l’internationalisation du RMB et à voir les capitaux en RMB devenir mondiaux ». D’une manière générale, les efforts ultérieurs de la Chine ont consisté à faire du renminbi non seulement un moyen d’échange crédible — en tentant de l’établir fermement comme une monnaie d’échange mondiale pour les biens et les services — mais aussi à renforcer sa position en tant que réserve de valeur. Cela signifie qu’il faut faire du renminbi une véritable monnaie d’investissement pour l’achat d’actifs, ainsi qu’une monnaie de réserve étrangère véritablement alternative.

Pour atteindre ces objectifs, la Chine devra :

  • assouplir ses contrôles de capitaux ;
  • permettre une plus grande convertibilité du RMB ;
  • réformer son secteur financier.

Le pays a fait des progrès impressionnants dans ces domaines, mais qui ne suffiront pas pour que le renminbi se hisse à une position monétaire qui reflète pleinement le statut économique de la Chine. Mais dans quels domaines la Chine a-t-elle progressé exactement ? Qu’a fait le gouvernement chinois pour poursuivre ses objectifs d’internationalisation du RMB ?

Actions concrètes entreprises par la Chine :

 

1. Contrats de swap de devises

  • Il s’agit d’accords bilatéraux qui renforcent la liquidité d’une monnaie en permettant à d’autres pays ou zones monétaires d’y accéder.
  • Cela permet de réduire les effets des fluctuations des taux de change.
  • La Chine a signé des accords de swap de devises avec plus de 36 banques centrales au cours des dix dernières années environ.

2. Commerce « offshore »

  • Depuis 2009, la Chine facilite également les règlements de commerce extérieur en renminbi, ou « renminbi offshore » (CNH), suite au succès d’une initiative pilote limitée.
  • Des centres de compensation ont ainsi été créés en dehors de la Chine continentale, ce qui a considérablement stimulé les règlements des échanges transfrontaliers en Chine.
  • Ce succès doit être tempéré par le fait que près des trois quarts de la compensation offshore en renminbi ont lieu à Hong Kong, qui entretient des liens étroits avec la Chine continentale.

3. Inclusion dans le panier de DTS du FMI

  • Renforçant son profil de monnaie de réserve, le renminbi a également été inclus dans le panier des droits de tirage spéciaux (DTS) du FMI, aux côtés du dollar, de l’euro, du yen et de la livre sterling.
  • Le FMI maintient le DTS comme un supplément aux réserves en devises des membres, agissant comme un moyen d’augmenter les niveaux de liquidité dans l’économie mondiale en période de pénurie.
  • L’inclusion dans le DTS dépend du double critère de volumes d’exportation importants et d’une monnaie « librement utilisable », nombre des réformes récentes de la Chine étant destinées à satisfaire ce dernier critère.

4. Obligations libellées en RMB

  • Également connues sous le nom de « dim sum bonds », la Chine a autorisé leur achat en dehors de la Chine continentale, où elles sont soumises à moins de restrictions.
  • Principalement émises à Hong Kong, les obligations dim sum permettent aux investisseurs étrangers d’acquérir des actifs libellés en RMB, tout en évitant les contrôles de capitaux chinois.
  • Les investisseurs désireux de détenir des titres de créance en renminbi peuvent profiter de cette fonction, qui a connu un intérêt grandissant depuis son introduction.

5. Investissements directs étrangers

  • Depuis 2011, la Chine a également libéralisé les investissements directs étrangers (IDE) par le biais de renminbi ou de yuan offshore (CNH) obtenus légalement.
  • Une mise à jour de la loi sur les investissements étrangers en 2020 a encore assoupli les procédures, notamment en raccourcissant la « liste négative » des industries considérées comme restreintes ou interdites.
  • Les transferts de fonds transfrontaliers effectués par les « entreprises à investissements étrangers », ou EIE, ont également été assouplis, les investisseurs étrangers pouvant effectuer à leur guise des transferts de fonds en dehors de la Chine en RMB ou devises étrangères.

6. Zones économiques spéciales (ZES)

  • En commençant par Shanghai en 2013, la Chine a donné la priorité à la création de zones de libre-échange. Les provinces de Guangdong, Tianjin et Fujian ont été choisies pour accueillir le projet pilote de zones franches.
  • Conçues pour attirer les investissements étrangers, notamment grâce à un assouplissement des réglementations au sein de cette juridiction spécifique, les zones économiques spéciales chinoises offrent des avantages tels que l’importation et l’exportation en franchise de droits.
  • Au-delà de la stimulation du commerce extérieur, les ces zones servent de terrain d’essai pour des réformes plus larges dans des domaines tels que le dédouanement et le règlement des opérations de change.

En outre, la Chine a poursuivi l’internationalisation du RMB en créant son système de paiement interbancaire transfrontalier (ou CIPS, selon l’acronyme anglais), lancé en 2015 comme alternative au réseau SWIFT. L’infrastructure de traitement des paiements a connu une augmentation de près de 80 % des volumes entre 2017 et 2019, avec environ 26 000 milliards de RMB traités directement par son intermédiaire. Sans surprise, son utilisation a explosé dans les pays directement impliqués dans l’initiative chinoise « Belt and Road Initiative » (BRI), un projet majeur de politique étrangère et d’infrastructure, qui suit le chemin de l’historique route de la soie. La BRI représente un exercice de « pouvoir de convaincre » par excellence, cherchant à établir davantage la Chine comme une force avec laquelle il faut compter sur la scène internationale. Promouvoir l’utilisation du RMB pour les transactions transfrontalières dans les pays participant à l’initiative serait un atout majeur pour Pékin. De même, le Partenariat économique global régional (ou RCEP) est une occasion unique pour la Chine de prendre la tête d’une politique commerciale multilatérale, sans provoquer de tensions de la part des principaux autres poids lourds économiques mondiaux. L’accord forme un nouveau bloc commercial entre la Chine et quatorze autres nations, dont les pays de l’ANASE (ou ASEAN), ainsi que l’Australie et la Nouvelle-Zélande. C’est une nouvelle occasion pour la Chine de promouvoir le règlement en RMB dans le commerce, étant donné les grands projets d’investissement auxquels l’accord donnera inévitablement lieu.

Le saviez-vous ? 
La banque centrale de la Chine, la Banque populaire de Chine (BPC), maintient un « régime de taux de change flottant administré ». Cela signifie que la BPC adopte une position plus interventionniste que de nombreuses banques centrales occidentales et que le taux de change ne flotte pas tout à fait librement. La BPC communique plutôt un taux de change souhaité aux opérateurs du marché des devises, qui agissent en conséquence. L’évolution du marché est ainsi réglementée, le but étant d’orienter le taux de change vers un objectif spécifique.
 
Quel succès pour les mesures d’internationalisation du RMB ?

Pour développer un marché financier mature et consolider le statut du renminbi en tant que monnaie favorable pour la facturation, l’investissement et les réserves de change, il reste encore du travail à faire. Une libéralisation poussée des contrôles de capitaux, une plus grande convertibilité du RMB et des réformes plus importantes du secteur financier seront nécessaires. Mais quel impact les récentes réformes ont-elles déjà eu ? Et quels sont les potentiels obstacles ?

Selon l’Enquête triennale des banques centrales sur les marchés mondiaux des changes, publiée par la Banque des règlements internationaux (BRI) en 2019, le RMB ne représente toujours qu’environ 4,3 % des opérations de change dans le monde, un chiffre comparativement faible. Cela dit, la monnaie chinoise représentait moins de 1 % aussi récemment qu’en 2010, ce qui suggère que rles récents efforts d’internationalisation ont gagné en force. De même, si le renminbi ne représente actuellement que 2 % des réserves en devises étrangères, des prévisions optimistes annoncent que ce chiffre pourrait atteindre entre 10 % et 20 % d’ici 2030. En ce qui concerne le règlement du commerce international, les progrès ont été encore plus impressionnants. En 2009, le pourcentage du commerce extérieur chinois réalisé en RMB était négligeable. En 2015, ce chiffre avait déjà atteint plus de 15 %.

Toutefois, malgré toute l’attention que suscitent les projets d’infrastructure et les accords commerciaux avec l’étranger, la Chine pourrait devoir consacrer une bonne partie de son énergie à des impasses de nature plus fondamentale, qui pourraient encore lui mettre des bâtons dans les roues et l’empêcher de réaliser ses ambitions en matière de monnaie mondiale dans un avenir proche. Par-dessus tout, la pratique d’un contrôle strict des capitaux dans le pays entrave le développement du marché financier, ainsi qu’une large utilisation du renminbi au-delà des frontières de la Chine. La libéralisation de ces contrôles faciliterait les flux de capitaux à l’intérieur et à l’extérieur de la Chine, mais entraînerait également une instabilité et une volatilité financières plus grandes, quelque chose que les autorités chinoises ne semblent pas encore prêtes à accepter. En août 2015, par exemple, lorsque la Chine a dévalué le renminbi, elle a rapidement mis en place des contrôles stricts des capitaux pour écarter tout risque de fuite de capitaux à grande échelle. Bien qu’elle ait réussi à atteindre cet objectif, cette mesure a porté un coup considérable à la confiance internationale dans la monnaie chinoise et a eu pour effet de réduire considérablement les règlements transfrontaliers en RMB. Après avoir atteint un sommet historique de 2,09 mille milliards de RMB en 2015, le règlement des échanges internationaux en RMB a ensuite plongé à 994 milliards au premier trimestre 2017. Les changements progressifs semblent toutefois devoir se poursuivre, car de nombreux analystes considèrent que le système financier chinois n’est pas encore assez mûr pour des réformes radicales du contrôle des capitaux.

Les préoccupations sans doute plus périphériques concernant le développement international du renminbi comprennent des questions telles que les antagonismes géopolitiques, qui se sont récemment accumulés. Les récentes tensions commerciales avec les États-Unis devraient se dissiper quelque peu sous l’administration Biden. Pourtant, des inquiétudes ont notamment été soulevées quant à la situation de Hong Kong, qui reste la plaque tournante mondiale de la compensation et des échanges de renminbi offshore (CNH). Le risque de réputation et l’image du RMB en tant que monnaie alternative stable et fiable pourraient être impactés par les tensions actuelles dans la région. Cela revêt une importance particulière étant donné que les progrès récents en matière de règlement des échanges libellés en RMB ont été concentrés, dans une large mesure, en Asie et dans les pays étroitement associés à l’initiative BRI. L’image de la Chine à l’étranger est donc cruciale et les effets d’une escalade des tensions, s’ils devaient se concrétiser, pourraient s’avérer préjudiciables à l’internationalisation rapide du RMB. Dans le même ordre d’idées, il est encore difficile de savoir si le différend territorial en mer de Chine méridionale ou les tensions récurrentes à la frontière indienne auront un impact direct sur les investissements ou le règlement des échanges en RMB de manière réellement significative.

Le saviez-vous ? 
Le renminbi (RMB) reste la huitième devise la plus échangée au monde. En 2019, le dollar (USD), l’euro (EUR), le yen japonais (JPY), la livre sterling (GBP) et le dollar australien (AUD) ont représenté près de 57 % de toutes les opérations de change dans le monde.
 

Malgré les préoccupations de certains analystes quant à un ralentissement de la croissance à mesure que la Chine progresse vers son objectif de devenir une société « modérément prospère » (du terme confucianiste « xiaokang »), l’importance économique du pays ne peut que croître au cours des dix prochaines années. L’utilisation accrue du renminbi à l’échelle internationale devrait coïncider avec cette évolution. Le renminbi deviendra vraisemblablement donc une monnaie de plus en plus importante pour les investissements, la facturation et les réserves de change en dehors de la Chine continentale. Le rythme auquel ce processus s’accélérera est toutefois un peu plus difficile à prévoir.

La Chine a fait des efforts considérables pour étendre l’utilisation du renminbi ces dernières années, en commençant par la création du renminbi offshore (CNH) et l’accès moins restrictif qu’il offre aux non-résidents. Les efforts déployés pour accroître l’interaction des pays étrangers avec le renminbi dans les règlements commerciaux, de l’émission d’obligations dim sum à la création de zones économiques spéciales, ont également donné des résultats initiaux impressionnants, tandis que les initiatives multilatérales en cours, comme le RCEP ou l’initiative chinoise BRI, sont l’occasion pour la Chine de promouvoir l’utilisation du renminbi d’une manière sans précédent. Toutefois, un système financier insuffisamment mature, le maintien des restrictions en matière de contrôle des capitaux, les limitations de la convertibilité du RMB et les problèmes d’image du pays et de la monnaie entravent le processus d’internationalisation.

L’étendue de ce que la Chine est prête à faire pour apaiser ces préoccupations reste à voir. Une évolution particulièrement intéressante à suivre sera l’adoption de la monnaie numérique chinoise, l’e-renminbi, qui devrait permettre le règlement de paiements internationaux contournant délibérément le dollar américain. Testée dans un premier temps dans plusieurs villes chinoises, cette monnaie numérique a pour ambition d’alléger la pression exercée par le système monétaire international dominé par le dollar. S’il est peu probable qu’elle modifie le statu quo dans l’immédiat, elle pourrait certainement consolider la portée économique et monétaire de la Chine à moyen terme si elle s’avérait fructueuse.

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