2020 : tendances de l’économie mondiale et du marché des changes

22 janvier 2020

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La phrase de l’ancien Premier ministre Michel Rocard : « l’économie ne se change pas par décret » résume bien nos attentes pour l’année 2020. Les grandes tendances de l’économie mondiale et du marché des changes apparues fin 2019 ont toutes les chances de perdurer cette année.

Voici notre scénario central pour 2020 :

La croissance mondiale reste molle l’an prochain. La phase de stabilisation amorcée depuis l’automne devrait se poursuivre mais le secteur manufacturier et le commerce mondial, devraient continuer d’être orientés à la baisse. Une légère reprise de la croissance n’est pas à exclure, mais elle dépendra étroitement de la survenue d’une politique économique alliant à la fois stimulus monétaire et relance budgétaire. L’incertitude domine sur ce dernier point. À ce stade, aucune grande économie développée, à part le Japon, n’a mis en œuvre de politique budgétaire suffisamment expansionniste pour espérer que la croissance se renforce dans les mois à venir.

Le risque géopolitique reste en toile de fond. Brexit, victoire aux primaires démocrates d’Elizabeth Warren, élection présidentielle américaine ou encore négociations sino-américaines vont continuer de ponctuer l’actualité. Notons que l’impact du risque géopolitique sur les principales devises s’est atténué au cours des derniers mois. Le marché s’est habitué au risque lié à la guerre commerciale. Toutefois, le yen japonais devrait encore remplir son rôle de baromètre de l’évolution des négociations entre Washington et Pékin, comme il l’a fait au cours des derniers mois.

Télécharger le livre blancLa faible volatilité sur le marché des changes est la norme. Il s’agit d’une conséquence directe de l’expansion du bilan des banques centrales et de leur interventionnisme à tout-va qui entraine une complaisance des acteurs de marché et une mauvaise prise en compte du risque dans les cours. Dit plus simplement, le marché des devises est en quelque sorte anesthésié. Toutes les devises principales sont concernées, mais le phénomène touche particulièrement l’EUR/USD. La volatilité implicite, qui reflète les attentes du marché concernant l’évolution de la paire, est à un point bas historique. Lors de la séance du 25 novembre dernier, l’EUR/USD a même évolué dans une fourchette de seulement 20 pips (ndlr : price interest points), soit la plus faible borne de fluctuation journalière en l’espace de 20 ans ! Cette faible volatilité est une anomalie du point de vue historique, mais risque de perdurer encore cette année tant que les banques centrales seront massivement présentes sur les marchés financiers.

Le Dollar Index (DXY) suit une inflexion baissière. Une croissance molle ainsi qu’une incertitude croissante concernant l’issue de l’élection américaine et la volonté affirmée du président Trump d’avoir un dollar plus faible pourraient induire une tendance de fond baissière pour le DXY en 2020. Si ce scénario venait à se réaliser, il s’agirait plutôt d’une bonne nouvelle puisque l’économie mondiale a besoin d’un dollar faible, en particulier tous les acteurs économiques endettés en USD.

L’euro ne soulève pas un grand intérêt. Du point de vue des fondamentaux, l’euro est à un niveau idoine face au dollar, mais les perspectives dégradées de croissance en zone euro et le maintien d’une politique monétaire ultra-accommodante par la BCE favorisent un biais baissier. Nous tablons sur le maintien de la fourchette actuelle de l’EUR/USD comprise entre 1,08 et 1,12 pour la première partie de l’année prochaine.

Lune de miel de courte durée pour la livre sterling. La victoire du Parti conservateur lors des élections législatives anticipées de mi-décembre a offert un répit de courte durée à la livre sterling. Le calendrier du Brexit est désormais connu, puisque le Royaume-Uni devrait formellement sortir de l’UE à la fin du mois de janvier 2020, mais les négociations avec l’UE pour aboutir à un nouvel accord commercial soulèvent déjà les inquiétudes des investisseurs. En effet, le gouvernement britannique souhaite absolument limiter les négociations à une durée d’un an, ce qui est tout bonnement impossible selon les spécialistes, du fait des nombreux sujets hautement techniques à traiter. Dans un contexte toujours marqué par une forte incertitude politique, on ne peut pas exclure une correction sur la livre sterling au cours du premier trimestre 2020.

Le franc suisse reste dans les clous. Malgré le ralentissement économique et le risque réel de déflation dans la Confédération, le franc suisse devrait rester dans sa fourchette actuelle comprise entre 1,08 et 1,12 face à l’euro pour une grande partie de 2020. Les interventions de la Banque nationale suisse sont désormais sporadiques, ce qui signifie que les autorités suisses sont à l’aise avec le taux de change actuel et que la pression de marché s’est considérablement réduite par rapport à l’été dernier.

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