Présidentielle américaine : l’angoisse d’une issue incertaine

4 novembre 2020

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Alors que la course à la Maison Blanche se poursuit, nos experts examinent la situation politique aux États-Unis, les premières réactions sur les marchés et les conséquences de la prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC).
 
Quelle est la situation politique ?

Le scrutin terminé, le pire cas de figure pour une Élection présidentielle américaine se dessine. En effet, les candidats sont au coude à coude et le résultat suspendu. Nombreux États clés, les « swing states », ne seront pas en mesure de communiquer leurs résultats avant quelques jours. Le Michigan, par exemple, ne devrait pas le faire avant jeudi 4 novembre au matin et la Pennsylvanie a annoncé qu’elle n’aurait pas terminé le dépouillement des votes par correspondance avant vendredi 5 novembre, dans le meilleur des cas. En revanche, dans le Wisconsin, les résultats devraient être connus en début d’après-midi mercredi 3.

Nous savons d’ores et déjà que le nom du prochain président des États-Unis ne sera pas annoncé le 3 novembre. Encore une fois, les instituts de sondage se sont trompés. Ils ont sous-évalué les votes « cachés » en faveur de Trump et présumé de la fiabilité des données recueillies. Ces nouvelles péripéties électorales confirment la nécessité pour les instituts de sondage américains de revoir leur méthodologie actuelle. Dans une allocution télévisée depuis la Maison Blanche ce matin, Donald Trump a évoqué la possibilité que l’élection soit truquée et menacé de saisir la Cour suprême afin qu'elle statuer sur le décompte final des voix. La perspective d’un affrontement juridique dans les jours et semaines à vernir semble inéluctable. Selon la législation américaine, les États ont jusqu’au 8 décembre, aussi appelé « Safe Harbor deadline », pour régler les contentieux électoraux.

En dernier recours, si certains États ne parviennent pas à un accord, la Cour suprême, actuellement à majorité conservatrice, peut être amenée à trancher et annoncer le nom du vainqueur. De toute évidence, la situation électorale du moment pourrait influer sur le marché beaucoup plus longtemps que ne l’anticipaient la plupart des prévisions.

 
Quelles ont été les premières réactions du marché ?

Lors des dernières séances, le marché comptait sur un raz de marée électoral en faveur des Démocrates, qui leur aurait apporté la présidence et une majorité au Congrès pour les deux prochaines années au minimum, scénario infirmé depuis. Par conséquent, les investisseurs liquident leurs positions basées sur une victoire Démocrate, la paire EUR/USD baisse, les valeurs technologiques et les valeurs américaines surperforment, alors que les rendements obligataires américains diminuent. Les devises émergentes connaissent une baisse significative. Le Peso mexicain a baissé de 3 % dans la matinée du 3 novembre. La volatilité est limitée pour le moment, mais ces circonstances exceptionnelles entraînent un risque élevé de mouvements violents sur certaines classes d’actifs, notamment sur le marché des changes. En l’état actuel des choses, le yen japonais (JPY) semble la meilleure solution pour se protéger contre les effets d’une prolongation du décompte des voix.

Une telle incertitude concernant la Présidentielle américaine a de toute évidence un effet délétère sur la confiance des acteurs économiques et du marché, déjà au plus bas en raison de la crise du Covid-19. Ce climat devrait perdurer dans les prochains jours. Les investisseurs et opérateurs de marché devraient conserver une attitude généralement défensive. Cela pourrait profiter au dollar américain (USD) et peser sur l’euro (EUR). La paire EUR/USD pourrait baisser en deçà de son récent seuil plancher autour de 1,1600.

 

Quels seront les enjeux de la prochaine réunion du Federal Open Market Committee (FOMC) ?

Jeudi 4 novembre, tous les regards se tourneront vers la Réserve fédérale américaine (Fed), à l’occasion de sa réunion de politique monétaire. La banque centrale ne devrait pas s’immiscer dans le processus électoral et choisira certainement une approche attentiste. À la fin de la semaine dernière, la Fed a étendu son Main Street Lending Program (programmes du Trésor et rachat de prêts accordés par les banques aux PME) pour faire face aux perspectives économiques incertaines, en réduisant le montant minimum emprunté de 250 000 $ à 100 000 $.

La déclaration du FOMC ne devrait pas présenter de nouveautés, si ce n’est le risque politique accru et la mise à jour de ses perspectives économiques. Les participants à la réunion auront certainement tous à l’esprit la recrudescence des cas de Covid-19. Pendant la conférence de presse, le président de la Fed Jerome Powell devrait faire de l’orientation budgétaire (les discussions actuelles entre Démocrates et Républicains sur le plan de relance) et de la pandémie, les éléments clés des prévisions. Alors que son mandat sera renouvelé début 2022 par le prochain président, M. Powell a tout intérêt à ne pas prendre position dans la course actuelle à la Maison Blanche.

 

 

 

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