La Turquie en tête des économies exportatrices

31 mai 2018

En 2017, la Turquie était dans le peloton de tête des économies exportatrices au niveau mondial avec une croissance des exportations qui a atteint deux chiffres, à 10,2%. Cette performance place le pays devant les Etats-Unis, l’Union Européenne et la Chine qui ont connu une hausse des exportations sur la même période respectivement de 6.2%, 7,4% et 7,5%. Cette progression a contribué à accentuer encore un peu plus la part de la Turquie dans le commerce international qui est passée de 0,55% au début des années 2000 à 0,97% l’an dernier. L’objectif officiel du gouvernement est d’atteindre dans un futur proche 1,5%. La tendance qui se dessine en ce début 2018 rend cet objectif atteignable. Les exportations ont augmenté de 11,5% en mars 2018 par rapport à mars 2017, atteignant pour la première fois le montant de 15 milliards de dollars (total en valeur de 160 milliards de dollars sur les dix derniers mois

 

Le secteur automobile parmi les segments industriels les plus compétitifs

Dans le détail, l’industrie automobile a été l’un des secteurs d’activité qui a connu une forte expansion des exportations. Sa part dans les exportations totales du pays est passée de 9,2% en 2002 à 15,3% en 2017. La baisse de la demande domestique qui a été notable en 2016 et au début de l’année 2017 a été contrebalancée par une forte hausse de la demande en provenance d’Europe, ce qui a permis au secteur d’enregistrer de solides performances. La Turquie a directement bénéficié du retour de la croissance sur le Vieux-Continent. En outre, la stabilité financière des entreprises du secteur ainsi que des délais de paiement raisonnables (compris entre 30 jours et 60 jours) ont constitué des éléments de soutien face au risque de change qui demeure (du fait de la baisse de la livre turque) et au maintien de taxes élevées.

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Une croissance des exportations soutenue par la dépréciation de la livre turque

Le boom ces dernières années des exportations en Turquie s’explique par la combinaison de quatre facteurs majeurs :

  • La baisse de la livre turque face à ses principales contreparties et notamment une dégringolade de 50% face au dollar américain depuis 2013, ce qui a automatiquement octroyé un avantage compétitif à l’industrie turque, notamment aux segments les plus sensibles à l’évolution du taux de change;

  • En comparaison historique, des taux d’intérêt relativement bas pratiqués par la banque centrale turque afin de soutenir la croissance domestique;

  • Des conditions monétaires accommodantes au niveau global (rachats d’actifs, taux d’intérêt proches de zéro ou négatifs etc…) qui ont stimulé la croissance du commerce international et le recours au crédit à bas coût par les ménages et les entreprises;

  • Une politique de soutien à l’investissement mise en oeuvre par l’Etat via des mesures d’incitation fiscale à destination des producteurs locaux et étrangers.

Un changement de politique monétaire en Turquie n’étant pas à l’ordre du jour, les taux bas et une monnaie faible devraient encore à l’avenir fournir un soutien important aux entreprises exportatrices. Le principal risque à ce jour pour une économie ouverte comme celle de la Turquie réside dans un ralentissement de la croissance mondiale, directement lié à la baisse de la liquidité résultant de la normalisation des politiques monétaires des deux côtés de l’Atlantique.