Quand l’Inde tiendra-t-elle sa promesse ?

5 février 2020

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Grâce à une croissance démographique rapide et à une prospérité croissante, l’économie indienne pourrait à terme dépasser celle des États-Unis. Mais le Premier ministre Narendra Modi doit d’abord stimuler la croissance économique.

Quel est le point commun entre Mark Rutte, Charles Michel, Greta Thunberg et la star de Bollywood Deepika Padukone ? Ils étaient tous présents au Forum de Davos le mois dernier. La réunion a été lancée par le FMI. L’organisation a profité de l’occasion pour à nouveau revoir à la baisse ses prévisions économiques. Le FMI tient désormais compte du fait que l’économie mondiale a connu une croissance de 2,9 % l’année dernière. C’est surtout la raison de cet ajustement qui attire l’attention. Pour une fois, ce n’est ni la guerre commerciale ni la faiblesse de l’économie en Europe qui nous joue des tours. Cette fois, c’est l’Inde qui est responsable.

Pourquoi une croissance de 5 % ne suffit pas

À première vue, il n’y a pas grand-chose à redire sur le taux de croissance de l’Inde. L’économie du pays a connu une croissance de plus de 5 % en 2019. En Europe, la croissance n’a pas dépassé 3 % depuis 2007. Néanmoins, le Premier ministre Narendra Modi tient à augmenter le rythme de la croissance de manière significative. Pendant sa campagne électorale de l’année dernière, il a promis que d’ici 2024, l’économie indienne serait environ deux fois plus importante qu’il y a deux ans. Pour M. Modi, il est bien sûr beaucoup plus important de garder la population heureuse. Ce sera un vrai défi, étant donné que le chômage a atteint son niveau le plus élevé depuis plus de quarante ans.

10 millions d’emplois recherchés

Pas moins de 10 millions de jeunes entrent sur le marché du travail indien chaque année. La meilleure façon de s’assurer qu’ils obtiennent tous un emploi afin que le taux de chômage reste contrôlable est de stimuler la croissance économique. Cette croissance est sous pression, car les banques sont confrontées à de nombreux mauvais payeurs. Chez d’autres prêteurs (les banques dites de l’ombre), le problème est au moins aussi important. Les vannes des prêts se ferment et cela freine l’activité. Face à ces problèmes, la confiance des Indiens dans leur propre économie diminue. Et ce développement est particulièrement négatif dans un pays où les dépenses de consommation représentent pas moins de 60 % du PIB.

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Devant les États-Unis

Sur le marché des changes, les problèmes économiques de l’Inde sont à peine perceptibles. La roupie a chuté d’environ 2 % par rapport au dollar en 2019. Bien que le pays doive importer énormément de matières premières, les réserves de devises de la banque centrale ont augmenté de plus de 10 % pour atteindre plus de 450 milliards de dollars. Cette augmentation est due à un afflux important d’investisseurs. Ceux-ci ont placé leur argent dans des actions indiennes, ce qui a entraîné une hausse des cours de la Bourse de près de 20 %. Les investisseurs voient au-delà du malaise actuel et se concentrent sur l’énorme potentiel de croissance à long terme. Le cabinet de conseil PwC prévoit, par exemple, que l’économie de l’Inde dépassera celle des États-Unis d’ici 2050. Avec un tel potentiel de croissance, il n’est probablement pas judicieux de parier contre la roupie sur le long terme.

Tribune rédigée par Joost Derks, spécialiste des devises chez iBanFirst. Il a plus de vingt ans d’expérience dans ce domaine. Cet article reflète son opinion et n’est pas destiné à tenir lieu de conseils professionnels en matière d’investissement.

 

 

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