Libra : et si c’était une bonne nouvelle ?

24 juin 2019

libra

Coup de tonnerre sur la planète finance : Facebook vient d’annoncer pour le premier semestre 2020 le lancement de sa cryptomonnaie, la Libra, basée sur une blockchain. Elle sera gouvernée par l’Association Libra, composée de représentants de la filiale dédiée de Facebook, Calibra, et de ses 27 groupes partenaires. Parmi lesquels Visa, Uber ou même le français Iliad, qui vont investir 10 millions de dollars chacun pour disposer d’un des nœuds de validation de la blockchain.

Rapidement, les critiques sont venues : certaines, légitimes, posent la question de la confidentialité des données. Mais arrêtons-nous d’abord sur les potentielles bonnes nouvelles.

Oui, c’est potentiellement une bonne nouvelle pour les consommateurs, mais aussi pour tous ceux qui veulent briser les rentes du secteur bancaire.

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Une bonne nouvelle pour les consommateurs

À court terme, la Libra pourra opérer une grande révolution : des transferts d’argent radicalement fluidifiés. Facebook appliquera des frais de transfert marginaux, de l’ordre de la fraction de centime. Avec un objectif clair : challenger les banques mais aussi des entreprises comme Western Union ou TransferWise sur le transfert de fonds entre particuliers aux quatre coins du monde.

Le second point intéressera tout particulièrement les habitants des pays émergents. La Libra sera une monnaie stable, indexée sur un panier d’actifs très solides : des devises majeures (dollar, euro, yen, livre sterling…) mais aussi des bons du Trésor des plus grandes banques centrales (Fed, BCE, Bank of England, Bank of Japan). Débarrassée de la volatilité de cryptomonnaies comme le Bitcoin, elle pourra jouer le rôle de réserve de valeur pour tous les pays où la conjoncture économique entraîne une très forte inflation (Venezuela, Zimbabwe…).

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Une bonne nouvelle pour iBanFirst et tous ceux qui veulent disrupter les banques…

Pour iBanFirst c’est une bonne nouvelle : cela faisait longtemps que l’on réfléchissait à intégrer de la cryptomonnaie. Mais aucun acteur n’avait la crédibilité du géant de la tech pour lancer un tel projet. La Libra pourra régler un gros problème dans le paiement international, la lenteur des transactions. Jusque-là, aucune cryptomonnaie ne réunissait les niveaux de rapidité et de sécurité annoncés par Facebook pour la sienne.

Pour nous, c’est donc une opportunité de pouvoir utiliser à terme cette cryptomonnaie au cœur de notre système de paiement à l’international. Si jamais nos clients veulent utiliser de la Libra, nous serons un des premiers à le mettre en place. Car une fois l’argent basculé d’un point A à un point B, il faudra toujours effectuer du change.

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En revanche, avec Libra, il sera définitivement possible de se passer d’une banque.

C’est une disruption potentielle majeure pour tout le système bancaire. En lançant ce qui pourrait devenir un système monétaire parallèle, mondial et entièrement digital, l’entreprise va faire office de centrifugeuses : accélérer la recomposition en cours d’un vieux système bancaire.

Facebook ne s’en cache pas : son objectif est avant tout d’offrir l’accès aux services financiers à 1,7 milliard de personnes dans le monde qui ne sont pas bancarisées aujourd’hui, principalement dans les pays émergents.

Les banques ont donc de quoi s’inquiéter : ne pas réagir, voire même ne pas s’engager auprès de Facebook dans cette aventure pourrait signifier tout simplement… leur fin. Y compris dans leur rôle de spécialistes de la réserve de valeur avec leurs activités de dépôts.

Pour tous les autres, et pour nous, c’est une potentiellement une excellente nouvelle.

Pierre-Antoine Dusoulier
CEO et fondateur d’iBanFirst

Tribune également parue sur Linkedin en Juin 2019, à retrouver ici

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