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Juillet 2022 - Annonces économiques mensuelles

4 juil. 2022

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Prenez connaissance des dernières évolutions du marché des devises et anticipez les risques de fluctuation.
 
La récession ?

En l’espace de seulement six mois, nous sommes passés du risque de stagflation (inflation élevée par rapport aux normes historiques accompagnée d’une croissance faible) au risque de récession (qui correspond à deux trimestres consécutifs de contraction du PIB). C’est impressionnant. La stagflation a été favorable au dollar américain, et il en sera de même pour la récession à en juger par l’évolution des flux sur le marché des changes. Nous observons des flux sortants d’Europe et du Japon qui vont se recycler sur le marché américain (le plus grand marché de consommation des pays riches), ce qui soutient le taux de change du billet vert. Sans surprise, le dollar a affiché ces dernières séances de bonnes performances face à plusieurs contreparties. Il a atteint un point haut de deux semaines face à l’euro, par exemple. Ce n’est qu’un début. La progression du dollar fragilise plusieurs zones économiques (les devises des pays asiatiques s’effondrent malgré l’intervention des banques centrales de la région). Il faut s’attendre à ce que la volatilité soit importante une grande partie de l’été. En ce qui concerne la récession, elle est certainement peu probable en Europe. Le risque est plus élevé aux Etats-Unis mais aucun indicateur publié récemment ne le confirme (les commandes de biens durables qui ont été publiées la semaine dernière sont ressorties meilleures que prévu, pour ne citer qu’un exemple).

 

EUR/USD
Haut : 1,0802 Bas : 1,0377 Variation : -2,45 %

Le marché des changes est en mode « fuite vers la qualité ». Cela signifie que les opérateurs parient à la hausse sur les valeurs refuge et notamment la première d’entre elles, le dollar américain. Si on regarde de près les flux sur le marché des devises, on observe un accroissement des positions longues (acheteuses) sur le dollar. Mais pas de surachat (ce qui serait, en théorie, un signe possible d’inversement de la tendance).

Trois facteurs principaux expliquent la hausse du dollar (qui est durable, selon nous) : le risque de récession que nous évoquions en introduction (qu’il soit réel ou pas importe peu à ce stade), le différentiel flagrant de politique monétaire des deux côtés de l’Atlantique (les Etats-Unis vont augmenter le loyer de l’argent de 75 points de base en juillet alors que la zone euro va a priori opérer une première timide hausse de 25 points de base), et le dynamisme plus important de la croissance américaine comparativement à celle de la zone euro. Dans ce contexte, il est évident que le dollar américain devrait continuer de super-performer l’euro. Il est difficile de savoir si la parité sera atteinte cette année (beaucoup d’analystes du marché des changes ont cet objectif à moyen terme). Mais ce qui est certain, c’est que la baisse va perdurer. Notre premier objectif se situe à 1,0257 (qui fait office de support).

 

EUR/GBP
Haut : 0,8716 Bas : 0,8485 Variation : +0,79 %

L’inflation n’a pas disparu des radars. Il suffit de regarder ce qui se passe au Royaume-Uni. Malgré cinq hausses de taux récemment, l’inflation est en passe de dépasser 11 %. Même la Banque d’Angleterre (BoE) ne semble pas en mesure de savoir où elle va s’arrêter. Le plus dur est peut-être à venir. La croissance du PIB cette année devrait être de 3,6 % selon l’OCDE. C’est une excellente performance. Mais l’impact de l’inflation conjuguée au durcissement des conditions monétaires devrait aboutir à une stagnation de l’économie en 2023. On sait que les hausses de taux mettent un certain temps avant d’avoir des effets sur l’économie réelle. Le risque de récession n’est pas exclu, non plus. Les nombreux déboires de l’économie britannique expliquent, en partie, le repli de la livre sterling sur le mois de juin. S’ajoute à cela la tenue d’un référendum en 2023 sur l’appartenance de l’Ecosse au Royaume-Uni. C’est un facteur de risque politique lointain (les opérateurs du marché des changes n’intègrent pas un tel risque aussi tôt). Mais cela va certainement être négatif pour la livre sterling à long terme.

 

EUR/JPY
Haut : 144,47 Bas : 137,84 Variation : +0,89 %

Le Japon souhaite une monnaie forte (pour réduire le coût de l’énergie importée). Il le fait savoir. Mais ce n’est pas un franc succès. Le yen (JPY) s’est déprécié de près de 0,89 % sur le mois de juin face à l’euro. Il y a qu’une seule solution pour que le yen se renforce durablement : il faut que le taux de rendement des obligations souveraines du Japon augmente ce qui aurait pour effet d’attirer des capitaux à la recherche de rendements dans le pays. Par ricochet, cela soutiendrait le taux de change du JPY. Mais ce n’est pas près d’arriver. Par conséquent, nous tablons sur une poursuite de l’affaiblissement du yen sur le marché des changes. Le Japon pourrait tenter une intervention directe sur les changes (c’est évoqué depuis plusieurs semaines dans les salles de marché). Ce ne sera pas un succès, d’après nous.

EUR/CHF
Haut : 1,0494 Bas : 0,9940 Variation : -3,50 %

L’inflation est en grande partie liée à l’énergie (qui est importée dans la plupart des pays). Pour lutter contre l’inflation importée, il faut une monnaie forte. Pour avoir une monnaie forte, on peut tenter des interventions directes sur le marché des changes. C’est souvent coûteux et rarement efficace sur le moyen terme. On peut aussi décider d’augmenter les taux directeurs. C’est ce qu’a fait la Banque Nationale Suisse (BNS) en augmentant de 50 points de base son taux directeur principal. L’effet sur le taux de change fut immédiat. Le franc suisse s’est fortement renforcé depuis. La paire EUR/CHF s’est même effondrée sous la parité à la fin du mois de juin. Pour l’instant, c’est un succès complet pour la BNS.

 

EUR/CAD
Haut : 1,3716 Bas : 1,3361 Variation : -0,31 %
Lors de sa dernière réunion de politique monétaire, la Banque du Canada (BoC) a augmenté son taux directeur de 50 points de base, à 1,50 % contre 1,00 % précédemment. Depuis, l’inflation a fortement accéléré. Elle a atteint 7,7 % en variation annuelle en mai (contre 6,8 % en avril). C’est un point haut de quarante ans. Afin d’endiguer les pressions inflationnistes, la BoC n’aura pas d’autre choix que de taper du poing sur la table selon les analystes. Ils prévoient que le 13 juillet prochain elle procède à une hausse de 75 points de base ! C’est cette anticipation qui explique en grande partie la baisse de l’euro face au dollar canadien au cours des deux dernières semaines. À moyen et à long terme, notre positionnement sur la paire reste inchangé. Elle devrait continuer de se déprécier.

 

EUR/AUD
Haut : 1,5404 Bas : 1,4762 Variation : +2,41 

L’AUD a nettement baissé face à l’euro en variation mensuelle. Cela s’explique à la fois par un rebond technique (survente de l’euro) et par une baisse des matières premières (qui n’est pas durable, selon nous). Nous continuons de penser que le différentiel de politique monétaire entre la zone euro et l’Australie devrait être un élément de soutien de l’AUD, à moyen terme. Comme prévu, la Banque de Réserve d’Australie a augmenté son taux directeur de 50 points de base aujourd’hui. Le gouverneur, Philip Lowe, prévoit que les pressions inflationnistes vont rester encore élevées pendant longtemps (en partie à cause des hausses de salaires). D’autres hausses de taux sont donc à venir. L’Australie (du fait de la bulle immobilière) fait partie des pays développés où le risque de fort ralentissement économique est le plus élevé. Le Royaume-Uni est l’autre pays qui nous inquiète. Toutefois, cela n’a pas d’effet réel sur les monnaies, pour le moment.

 

EUR/CNH
Haut : 7,1896 Bas : 6,9528 Variation : -2,37 %
Quasiment toutes les principales banques centrales mondiales adoptent une politique monétaire plus agressive. Mais ce n’est pas le cas de la banque centrale chinoise (PBoC). Cette dernière poursuit sa phase d’assouplissement pour soutenir l’économie qui est durablement pénalisée par la politique zéro Covid (cette dernière devrait perdurer au moins jusqu’au Congrès de l’automne qui va aboutir à la reconduction du président chinois). Le 15 avril dernier, la PBoC avait baissé le taux de réserve obligatoire des banques de 25 points de base pour les grandes entités et de 50 points de base pour les petites banques. Le 15 mai dernier, elle a diminué de 20 points de base le taux immobilier minimum pour les primo-accédants. Enfin, elle a annoncé le 20 mai dernier une baisse de 15 points de base du taux préférentiel de prêt à cinq ans. D’autres mesures vont survenir à court terme. Chez Ibanfirst, nous anticipons une baisse du taux de réserve obligatoire des banques d’au moins 75 points de base d’ici la fin de l’année. Pour l’instant, la PBoC semble plutôt bien s’accommoder de l’évolution de la monnaie chinoise sur le marché des changes. Le seuil des 7,00 pour l’EUR/CNH devrait subsister. 
 
Calendrier économique :
DATE DEVISE ÉVÉNEMENT
05/07 AUD Réunion de la banque centrale
07/07 USD Rapport ADP sur l’emploi privé pour le mois de juin
08/07 USD Rapport sur l’emploi américain du Département du Travail pour le mois de juin
13/07 USD Indice des prix à la consommation (première estimation pour juin)
13/07 CAD Réunion de la banque centrale
15/07 CNH PIB chinois au deuxième trimestre
05/07 AUD Indice des prix à la consommation (première estimation pour juin)
21/07 JPY Réunion de la banque centrale
21/07 EUR Réunion de la banque centrale
27/07 USD Réunion de la banque centrale
     
 

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